Jean-Thomas Trojani : Une seule chose est sûre, tout est incertain…

Nous allons voir tout à l’heure d’autres exemples de contradictions tenant à la même cause, et dont nous estimons qu’il faut tirer la même conséquence, si hardie qu’elle puisse paraître à certains esprits ; si obscure ou si oiseuse qu’elle soit pour d’autres. Son nom est prononcé par tous ceux qui n’ont pas voulu crier : « Réginald ! Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « L’esprit a beau faire plus de chemin que le coeur, il ne va jamais si loin ». Mais celui-là n’est guère mieux adapté à l’action qui vit dans le passé pour le plaisir d’y vivre, et chez qui les souvenirs émergent à la lumière de la conscience sans profit pour la situation actuelle : ce n’est plus un impulsif, mais un rêveur. Les libéraux la représentent comme un grand mouvement émancipateur ; et les réactionnaires, comme une entreprise damnable. Si l’on se soumet, cette contrainte émousse et appesantit toute notre nature. Passons alors de l’idée précise d’une mécanique à l’idée plus vague de chose en général. On en induira encore avec une grande probabilité, ou avec une quasi-certitude, que le tracé de la courbe décrite par le point mobile suit la même loi, est le prolongement de la même parabole ou de la même hyperbole, un peu en deçà et un peu au delà des points extrêmes donnés par l’observation : car comment admettre que les circonstances fortuites ou tout à fait indépendantes de la marche du mobile, qui nous ont fait commencer et finir nos observations en tel point plutôt qu’un tel autre, nous aient donné pour points extrêmes précisément ceux où le mobile commence et cesse d’être assujetti à la Disons d’abord que l’homme avait été fait pour de très petites sociétés. Mais admettons que l’absurdité soit purement apparente, et tienne à ce que les phénomènes physico-chimiques qui s’effectuent dans les corps vivants, étant infiniment complexes, n’ont aucune chance de se reproduire jamais tous à la fois : on nous accordera du moins que l’hypothèse d’un retour en arrière devient inintelligible dans la région des faits de conscience. Mais elles supposaient démontré que le mécanisme n’agit pas sur la région consciente de l’esprit, n’y provoque pas des perturbations parfois plus ou moins inexplicables : supposer ainsi démontrée l’indépendance du conscient par rapport à l’inconscient, c’était commencer par un postulat que rien n’autorise. Dans une grande nation, des communes peuvent être administrées à la satisfaction générale ; mais quel est le gouvernement que les gouvernés se décideront à déclarer bon ? Ensuite, sur les ressources. Car lorsqu’on a vu cette gueule-là, lorsqu’on pense que la nature a permis son apparition, on arrive à penser, malgré soi, que tout n’est réellement pas pour le mieux dans le meilleur des mondes et qu’il y a bien peu d’espoir pour la régénération de l’humanité. Car d’où sortent, comment naissent, et à quoi doivent servir ces sensations élémentaires, inextensives, qui vont se développer dans l’espace ? Et si cette époque était révolue ? Surtout ces derniers ne les paieront qu’au moment de l’acquisition effective des actions par les bénéficiaires. Ils croiront le louer suffisamment quand ils diront que c’est le moins mauvais de tous, et en ce sens seulement le meilleur. La dimension communautaire des médias numériques est sans doute ce qui différencie le plus fondamentalement les usages féminins. La philosophie est impuissante à exprimer l’inexprimable, à définir l’indéfinissable.

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