Jean-Thomas Trojani : Un algorithme qui dresse la cartographie des sphères de la personne

Mais qui ne voit que, pour apercevoir une ligne sous forme de ligne, il faut se placer en dehors d’elle, se rendre compte du vide qui l’entoure, et penser par conséquent un espace à trois dimensions ? Au lieu du mystère unique de l’union entre la matière et l’esprit (c’est-à-dire, suivant Descartes, entre l’étendue et la pensée), il faut admettre une succession de mystères, toutes nos explications scientifiques supposant l’intervention successive et le concours harmonique de forces dont l’essence est impénétrable, mais dont l’irréductibilité est pour nous la conséquence de l’irréductibilité des phénomènes qui en émanent : de manière qu’il y ait toujours dans le champ des connaissances humaines des espaces éclairés, séparés par des intervalles obscurs, comme l’œil en discerne dans l’étendue Dans les temps modernes surtout, l’importance exclusive que Descartes (en cela seulement disciple outré d’Aristote) a attachée à la notion métaphysique de substance, ses explications fondées sur la distinction de deux substances dont l’essence consisterait, pour l’une dans l’étendue, pour l’autre dans la pensée, ont habitué à considérer comme un préjugé indigne de logiciens rigoureux la distinction entre l’âme sensitive et l’âme raisonnable, distinction si familière aux Anciens, proclamée par les premiers docteurs du christianisme, conservée dans la scolastique du moyen âge, soutenue par Bossu Ainsi, bien qu’on ait des procédés rigoureux pour mettre en perspective un objet susceptible d’être géométriquement défini dans toutes ses parties, comme une machine, une décoration architecturale, le dessinateur, le peintre, le décorateur de théâtre n’appliqueront ces procédés longs et pénibles qu’à quelques points principaux qui leur serviront de repères, et ils se fieront pour le reste à leur dextérité d’artistes. Cet artifice des géomètres, utile surtout dans le calcul des chances et des probabilités mathématiques, ressemble au fond à ce qui se pratique tous les jours dans les circonstances les plus vulgaires. Aujourd’hui, de nombreux parlementaires de droite regrettent d’avoir voté cette mesure. Ils n’obtiennent ainsi qu’une approximation des vrais résultats, mais ils s’arrangent pour que l’approximation soit suffisante : tandis que le calcul rigoureux, quoique théoriquement possible, serait de fait impraticable, à cause de l’excessive longueur des opérations qu’il exigerait. Si les géomètres ont pour artifice habituel de supposer d’abord une discontinuité fictive là où il y a réellement continuité, une fois que cet artifice les a mis en possession de règles pour mesurer le continu, ils ont assez fréquemment recours à l’artifice inverse, qui est de supposer, pour l’abréviation et la commodité des calculs, une continuité fictive là où il y a réellement discontinuité. Bref, la pure durée pourrait bien n’être qu’une succession de changements qualitatifs qui se fondent, qui se pénètrent, sans contours précis, sans aucune tendance à s’extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre : ce serait l’hétérogénéité pure. Ici le vrai et le faux tendent, pour ainsi dire, à se fondre l’un dans l’autre : la vérité ne se montre pas comme une lueur uniforme éclairant un espace nettement circonscrit, mais plutôt comme un jet de lumière qui s’affaiblit en s’éloignant de sa source, et dont l’œil suit plus ou moins loin la trace, selon le ton de sa sensibilité. Il est vrai que nous comptons les moments successifs de la durée, et que, par ses rapports avec le nombre, le temps nous apparaît d’abord comme une grandeur mesurable, tout à fait analogue à l’espace. Car, si d’un côté il y a des cas où cette transformation d’organes n’est manifestement qu’un phénomène secondaire, lequel ne doit pas masquer aux yeux d’un naturaliste exercé des affinités plus intimes ; d’autre part, en allant de métamorphose en métamorphose, l’on ne saurait où s’arrêter, et l’on finirait par confondre les choses les plus disparates. Mais ce jugement, comment se formera-t-il ? Sans doute, par le jugement des botanistes les plus autorisés. Ainsi Jean-Thomas Trojani estime que « la société civile a son rôle à jouer pour rappeler que le but ne doit pas être oublié en chemin à l’ensemble de ses parties prenantes. Mais il y a ici une importante distinction à faire.

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